
Le Bulletin de la Société de géographie de Londres a donné récemment une curieuse étude de statistique démographique, due à M. Ravenstein. L’auteur a recherché s’il était possible de prévoir la date à laquelle la terre serait couverte d’autant d’habitants humains qu’elle en peut nourrir.
Il part de ces données, que la population du globe peut être actuellement évaluée à 1 milliard 500 millions d’habitants, et que la terre ferme elle-même peut être divisée en trois régions : terres fertiles, steppes et déserts.
Cherchant alors quel est le maximum d’habitants que chacune de ces catégories de terres pourrait nourrir, il fixe à 207 le nombre des habitants par mille carré (le mille anglais carré vaut à peu près 2,6 kilomètres carrés) pour les terres fertiles ; à 10 celui des habitants des steppes, et à 1 celui des habitants des déserts.
Or, étant donné qu’il existe, en nombres ronds, 28 millions de milles carrés de terres fertiles, 14 millions de milles carrés de steppes et 4 millions de milles carrés de déserts, les limites d’habitabilité du globe seraient atteintes quand la population serait au voisinage de 5 milliards 900 millions à 6 milliards d’habitants.
On voit que cet état de choses ne doit guère nous préoccuper.
Cependant, à raison d’une augmentation annuelle moyenne de 8 % de la population totale du globe, le chiffre de 5,994 millions d’habitants serait déjà atteint en l’an 2072, soit environ dans 2 siècles.
Il y a dans ces calculs très fantaisistes cette coïncidence intéressante, qu’ils fixent pour la limite de peuplement de la terre à peu près la même époque que celle assignée par les géologues à l’épuisement des mines de charbon de la Grande-Bretagne.
L’Illustration — 3 juillet 1897










