Les embellissements de Paris ne vont pas aussi vite que les morts ; l’élargissement de la rue du Renard en est un exemple le premier arrêté préfectoral qui décrétait cette mesure d’utilité publique date, en effet, du 16 mai 1833. Le 29 juillet 1854, on décida d’élargir cette voie à vingt mètres, largeur motivée par le projet d’une grande voie devant partir de la rue de Rivoli, emprunter la rue du Renard et se poursuivre jusqu’à la rue Beaubourg, également élargie pour aller aboutir au carrefour Turbigo et Réaumur.
C’est une très ancienne voie enfermée dans la seconde enceinte de Philippe-Auguste, elle fut nommée cour Robert, puis rue de la Poterie-des-Arcis, car on vendait de la poterie comme on vendait de la verrerie dans la rue où elle aboutissait. Elle fut dite ensuite, à cause d’une enseigne, rue du Renard qui prêche.
Parmi les vieilles maisons qui vont être démolies figurent le 14 et le 16, bâties sur l’emplacement de l’hôtel de la Tour d’Argent, dans lequel une troupe de comédiens de province donnait des représentations sous Henri IV.
En 1609, le prévôt des marchands leur fit défense, depuis le jour de la Saint-Martin jusqu’au 15 février, de jouer passé quatre heures et demie au plus tard.
Enjoignons donc de commencer avec telles personnes qu’il y aura, à deux heures de l’après-midi défendons, en outre ; aux comédiens de prendre plus grande somme aux habitants que cinq sols au parterre et dix sols aux loges et galeries.
Les habitants de la rue du Renard, qui ont eu la patience d’attendre l’expropriation depuis 1833, vont être récompensés en touchant enfin la forte somme !
Le Gaulois — 6 décembre 1897










