Les jugements de M. Becker — Contraventions dangereuses.
M. Becker, officier d’académie, est un honorable juge de paix du treizième arrondissement qui n’entend pas, comme dirait M. Prudhomme, laisser s’énerver entre ses mains le glaive de la justice répressive.
Lorsqu’il siège comme juge au tribunal de simple police, il lui arrive fréquemment d’appliquer le maximum de la peine. Aussi les contrevenants qui étaient venus à l’audience, sans trop d’émoi, avec la perspective de quelques francs d’amende, en sortent-ils terrifiés, condamnés non seulement à l’amende prévue, mais en outre à trois et cinq jours d’emprisonnement.
Sur appel, la onzième chambre de police correctionnelle, présidée par M. Planteau, se montre d’ordinaire beaucoup moins terrible et enlève aux délinquants la peine d’emprisonnement.
Hier, par exemple, la onzième chambre a statué sur sept appels de jugements rendus par M. Becker. Dans ces sept affaires, le tribunal, tout en maintenant les peines d’amende, a enlevé sept fois les condamnations à trois et cinq jours d’emprisonnement prononcées contre les contrevenants.
La police correctionnelle plus douce que la simple police Où allons-nous !…
Le Matin — 3 avril 1897










