La préfecture de police publie la statistique des cas dans lesquels ont eu à intervenir les agents des postes-vigies depuis la création de ces derniers par M. Lépine.
Indépendamment du service de renseignements qui motiva la création des postes-vigies, les gardiens de la paix eurent à intervenir, du mois d’aout 1895 au mois de mars 1897, en plus de 17,000 cas, dont le relevé vient d’être fait. Les « bris et accrocs », si fréquents sur la voie publique, tiennent naturellement la tête dans cette liste : les postes-vigies s’en sont occupés 3,625 fois. Mais on rencontre, dans cette statistique, des chiffres plus intéressants ou plus curieux.
C’est ainsi que les agents ont eu à intervenir dans 7 attaques nocturnes, 8 tentatives de meurtre, 2 abus de confiance, une émission de fausse monnaie ; qu’ils ont tué 7 chiens ou chats enragés ; repêché 17 hommes ou femmes ; arrêté 171 chevaux emportés; recueilli 30 enfants égarés ; opéré 23 sauvetages ; 53 feux de cheminée ont été signalé par eux; enfin, ils ont empêché un commerçant de déménager … à la cloche de bois.
Les services incontestables rendus par les postes-vigies ont décidé le préfet de police à en augmenter encore le nombre. On en compte aujourd’hui soixante-dix-neuf. Un quatre-vingtième sera créé dans quelques jours, rue de Dijon ; d’autres encore, plus tard, car, si dans plusieurs quartiers les postes-vigies sont en quantité suffisante, certains arrondissements, comme le cinquième et le vingtième, n’en possèdent encore que deux.
Le Matin — 24 mai 1897










