Le cocher de M. Laclaverie, demeurant 7, rue de Berlin, entendait, la nuit dernière, vers deux heures, un bruit de carreaux cassés à une véranda qui communique avec les écuries de son maître.
Le cocher s’arma d’un fusil, sortit de son logement, vit un individu qui escaladait les grilles et fit feu.
L’individu fut atteint à la hanche gauche et tomba dans la cour.
Malgré les soins qui lui furent prodigués, il ne put reprendre connaissance et fut transporté à l’hôpital Lariboisière.
M. Cornette, commissaire de police du quartier Saint-Georges, a ouvert une enquête, de laquelle il résulte que l’individu blessé, contrairement à ce que l’on avait cru tout d’abord, n’est nullement un cambrioleur, mais un ancien domestique de M. Lacaverie, nommé Honoré Baju, âgé de dix-sept ans, qui a cherché à pénétrer dans la maison pour trouver un abri, car il était sans domicile et sans ressources depuis qu’il avait été congédié.
M. Cornette a entendu, hier soir, M. Laclaverie et le cocher Lefevre, qui a tiré sur Baju. L’état du blessé est désespéré.
On racontait hier soir que c’était par ordre que le cocher Lefevre avait fait feu sur l’infortuné Baju. Mais, jusqu’a plus ample informe, nous nous refusons à croire qu’un être humain ait songé à tuer un de ses semblables pour obéir à une injonction, émanât-elle de son propre maître.
Le Matin — 24 mai 1897










