Dans une importante communication faite à l’Académie de médecine, le professeur Lancereaux a démontré avec expériences à l’appui que les lésions du foie que l‘on observe chez les buveurs ne sont pas dues à l’alcool mais au sulfate de potasse que le plus grand nombre des vins contiennent en quantité.
En effet, ces lésions du foie — que les médecins nomment Ia cirrhose — ne s’observent pas chez les personnes qui font abus de spiritueux mais seulement chez celles qui font de simples excès de vin, et on les rencontre le plus fréquemment dans les pays vignobles où l‘alcoolisme comme on sait, est rare.
De même la cirrhose du foie est fréquente chez les buveurs de vin à Paris surtout où cette boisson, généralement plâtrée, renferme de 4 à 6 grammes de sulfate de potasse par litre, chez les paysans aussi qui prennent plusieurs litres de vin par jour, chez les individus qui ont l‘habitude de boire à jeun du vin pur, enfin chez les garçons brasseurs que n’effraient pas 8 ou 10 litres de bière, laquelle contient aussi beaucoup de sels de potasse.
La conclusion à donner à cette notion de l’action nocive des sels de potasse, c‘est qu’il y a lieu de diminuer, sinon de prohiber le plâtrage ou le sulfatage des vins et de tout autre boisson et de rechercher un autre moyen de conservation plus inoffensif.
L’Illustration — 27 septembre 1897










