On sait qu‘en Angleterre, dans les cours de police ou de justice, l‘acte d‘embrasser la Bible correspond celui de lever le bras droit devant le Christ pour prêter serment, on usage dans les pays catholiques.
Or, il y a quelque temps, un médecin refusa d‘accomplir cette formalité obligatoire sous le prétexte que le contact des muqueuses labiales avec les Bibles publiques constituait un réel danger au point de vue de la transmission des maladies contagieuses.
Si l‘on admet que le baiser puisse être dangereux à ce point de vue, on est en effet forcé d’admettre aussi que cette pratique qui n‘est qu’un baiser indirect, puisse être également dangereuse ; et il est incontestable qu‘un phtisique, dont les lèvres sont toujours plus on moins semées de bacilles tuberculeux, doit déposer ces bacilles sur tous les objets qu’il porte à sa bouche.
De fait, on s‘est ému de la protestation du médecin en question, et l’on s’est livré à des expériences pour en contrôler la légitimité. Et la conclusion des experts aurait établi que refuser d‘appliquer ses lèvres sur un objet livré aux baisers du public, n‘était pas faire acte d’une prudence excessive.
L’Illustration — 27 septembre 1897










