En France, les marrons et les châtaignes contribuent pour une large part à l‘alimentation publique. On en récolte annuellement 3 millions de quintaux environ, quantité qui représente à peu près la consommation, nos exportations, assez restreintes, ne dépassant pas beaucoup nos importations. En effet, en 1895, nous avons reçu de l‘étranger — presque entièrement de l’Italie — 5,963,273 kilos de marrons, et nous en avons exporté 8,860.772 kilos, dont 5,922,018 en Angleterre, et près d‘un million de kilos en Algérie et Tunisie.
Les départements où l‘on rencontre le plus de châtaigniers sont l‘Ardèche, la Corse et la Dordogne ; puis viennent l‘Aveyron, les Hautes et Basses Alpes, la Haute-Vienne, la Corrèze, le Lot, le Gard et le Cantal
D‘après les recherches de M. Balland, les plus gros marrons sont ceux de Naples et des Pyrénées. Le poids moyen du marron, en ces pays, atteint 18 gr. 60.
Le poids de l’amande, représenté par le marron décortiqué, est compris entre 72 et 84 % ; la totalité des enveloppes est de 16 à 28%.
Les marrons rôtis, vendus dans les rues de Paris, retiennent encore 40 % d‘eau. Les marrons cuits à l‘eau on contiennent jusqu‘a 72 %. Le reste est formé de substances très alimentaires : matières grasses, sucrées et azotées et phosphates. Certains marrons, à l‘état sec, contiennent presque autant d‘azote que le blé, avec un peu plus de matières grasses et moins de phosphates.
En somme, il y a autant de matières azotées dans 1 kilo de marrons à 50 % d‘eau que dans 500 grammes de pain.
M. Balland estime que, contrairement à d’antiques préjugés, les marrons, dans les garnisons où ils se vendent à bas prix, pourraient être associés avantageusement aux vivres ordinaires du soldat.
L’Illustration — 27 septembre 1897










