Nous voilà à la Saint-Sylvestre ; c’est le moment des étrennes ; pensons, pour une fois en passant, aux petits enfants.
Parmi les jouets, petites inventions, bibelots de tout genre que l’ingéniosité parisienne nous offre en ce moment, les grands livres d’images sont toujours très appréciés. Les petits enfants aiment beaucoup regarder les images. Or, on a imaginé pour eux, cette année, un livre qui leur sera particulièrement agréable.
Non seulement, il satisfera leurs yeux, mais il frappera leurs oreilles. Il est bien fait pour exciter leur curiosité. Les images représentent les animaux domestiques les plus connus, et chaque animal parle son langage propre. Pour qu’il sorte de son silence, il suffit de tirer un petit cordon sur le côté du livre.
Voici un coq, un âne, un agneau, des petits oiseaux dans leur nid, une vache, un coucou, un bouc. À la dernière page se trouvent des enfants qui voient arriver leurs parents. Si nous faisons fonctionner à chaque page le cordon dont nous avons parlé plus haut, nous entendons pour chaque bête le cri caractéristique.
Le coq chante et son cri est fort bien imité. L’âne pousse son hi-han, l’agneau bêle, les petits oiseaux font entendre leurs petits gazouillements, la vache mugit, le coucou chante, et les petits enfants appellent papa et maman.

Ces divers résultats sont obtenus très simplement à l’aide de soufflets à air placés dans une boite qui est dissimulée dans l’épaisseur du livre. En tirant le soufflet, l’air pénètre dans chacun d’eux, puis il se trouve chassé par un ressort qui tend à ramener le soufflet à sa position primitive. L’air sort par un tuyau spécial approprié à chaque cri, et en même temps le soufflet rencontre quelques crans placés sur un fil de fer.
Ces dispositions ont toutes été très bien étudiées pour l’effet à obtenir. C’est ainsi que pour le kokoriko du coq, le fil de fer porte deux crans à la suite l’un de l’autre et un troisième un peu plus loin. Le soufflet en passant s’arrête à ces crans et l’air en sortant donne nettement le son de kokoriko.
Le bêlement de l’agneau est obtenu à l’aide d’un fil de fer ondulé. Pour le mugissement de la vache, Pair sort par deux tuyaux qui donnent le son grave.
En résumé le livre d’images parlantes est original, nouveau et de nature à amuser les jeunes enfants. Quant aux grands enfants, ils constateront avec plaisir comment avec un dispositif aussi simple et vraiment ingénieux dans son extrême simplicité on peut, par une transformation de mouvement rudimentaire, engendrer des sons aussi variés et parvenir à faire parler les bêtes.
M. Leroy.
La Nature — 25 décembre 1897










