Les locataires du n° 34 de l’avenue de Clichy entendaient hier soir mardi, à dix heures et demie, quatre coups successifs de revolver bientôt suivis de cris « Au secours, au secours, je meurs… ».
Un de nos confrères qui habite cet immeuble, se précipita immédiatement et trouva une femme, jeune encore, qui gisait sur le palier. De toutes parts, les voisins accourus portèrent les premiers secours pendant qu’on se préoccupait d’aller chercher le médecin et le commissaire de police.
D’après les renseignements recueillis par notre confrère, voici ce qui s’était passé la femme Anna Sever habite seule la maison depuis quelques mois et a pour amant un sieur François Claude, masseur, demeurant à Saint-Ouen, 37, rue Pasteur.
À différentes reprises des scènes violentes éclatèrent dans le faux ménage : l’homme était brutal, jaloux et s’adonnait, dit-on, à la boisson. La femme Sever, au contraire, confectionneuse de son état, paraissait avoir une fort bonne conduite et subvenait même aux besoins et satisfaisait même aux exigences de son amant, dans la mesure du possible. Claude était arrivé, hier soir, chez sa maîtresse à neuf heures et demie ; il en sortit une heure plus tard, au moment précis où les détonations et les cris se firent entendre. Il n’est donc pas douteux qu’il ne soit l’auteur du crime.
Sur les quatre balles qu’il a tirées, une et peut-être deux ont atteint la malheureuse victime les premières constatations du médecin du quartier ont révélé une blessure perforante grave, intéressant le péritoine la balle a pénétré entre la sixième et la septième côte et a dévié vers l’intestin.
Le revolver qui est d’assez petit calibre, a été retrouvé sur la table de nuit. L’une des balles a presque percé la porte, l’autre a été se loger dans la muraille, à côté du lit.
La femme Sever dont l’état est très grave, a été transportée d’urgence à l’hôpital Bichat.
Le Figaro — 28 déc. 1897










