
L’avant-veille du Grand Prix de Paris ont été disputées au bois de Boulogne, sur la route du tour de Longchamp, des courses vélocipédiques d’artistes organisées comme l’an dernier par un de nos confrères quotidiens, l’Écho de Paris.
Assurément ce ne sont pas les étoiles du chant, de la tragédie, ni même de l’opérette qui y ont participé, et ce n’est pas sur ce terrain qu’on pouvait s’attendre à assister a un match entre Mme Sarah Bernhardt et la Duse. La hiérarchie des genres, comme la hiérarchie des théâtres, disparaît dès qu’il ne s’agit plus que d’appuyer vigoureusement sur la pédale, et l’on a vu Mlle Marie Puget, de la Galerie Vivienne, battre fort régulièrement d’un quart de roue, dans l’épreuve de bicyclettes, Mlle Richeaume-Azema, de l’Opéra
L’épreuve sensationnelle de la réunion du 11 juin, à laquelle assistait le Tout-Paris cycliste, était le championnat des « chauffeuses ».
On sait que le terme consacré pour désigner les fervents de l’automobilisme, qui conduisent eux-mêmes leurs moteurs, est celui de chauffeurs. De jolies femmes conduisant des motocycles devaient donc tout naturellement être qualifiées de chauffeuses. Mll. Léa Lemoine, qui a conduit son motocycle avec une rare audace, a remporté le championnat des chauffeuses sur Mlles de Grandval et Bossu.
La gagnante a accompli le parcours de deux fois le tour de Longchamp en 11 minutes 6 secondes 4 cinquièmes.
L’Illustration — 19 juin 1897
________ Réclame ________
Dans le championnat des chauffeuses de vendredi, le tri-Comiot est arrivé premier dans une série et deuxième dans la finale ; on remarquera que c’est la première fois que ces tricycles paraissent en piste ; c’est donc un vif succès pour Comiot qui est en train de concentrer dans ses magasins du boulevard Gouvion-Saint-Cyr une partie du mouvement automobile.
Journal des débats politiques et littéraires — 16 juin 1897










