Les chiens étant soumis, dans chaque commune, à une taxe variant de 1 à 10 francs, il est possible de connaître assez approximativement le nombre de chiens qui existent dans notre pays.
Ce nombre serait de 2,900,000, dont 800,000 chiens de luxe ; et le montant total de l’impôt payé par les propriétaires s’élèverait à 8,800,000 francs, soit une moyenne d’impôt de 3 francs par chien.
D’après les calculs faits par un de nos savants statisticiens, M. V. Turquan, la moyenne des chiens étant en France de 7 pour 100 habitants, on en recenserait dans certains départements jusqu’à 12 ou 13 pour 100 habitants, et seulement de 3 à 4 dans d’autres.
Dans tout le bassin de la Seine, en Bourgogne, dans le centre de la France, le nombre des chiens est de 10 à 12 pour 100 habitants ; mais à Paris mème, ou plutôt dans la Seine, on n’en compte que 134,000, soit seulement 4 pour 100 habitants. C’est d’ailleurs à peu près la proportion de tous les départements qui contiennent de grandes villes : 5 dans le Rhône et les Bouches-du-Rhône, 6 dans la Gironde, 4 dans les Alpes-Maritimes. Dans la Bretagne, on ne trouve plus guère que 3 chiens pour 100 habitants, ainsi qu’en Corse.
Dans le midi, le Gers est le centre d’une région qui compte beaucoup de ces animaux domestiques ; tandis que la population humaine y diminue à vue d’œil, la population canine y augmente d’année en année. M. Turquan se demande si l’on ne pourrait pas voir dans ce phénomène le résultat de la concentration de la richesse et du morcellement de la propriété.
D’ailleurs, d’une façon générale, le nombre des chiens ne fait que s’accroître en France. De 1,800,000 en 1873, les propriétaires de chiens, en 1885, avaient atteint le nombre de 2,300,000; et ce nombre est aujourd’hui de 2,900,000.
L’Illustration — 19 juin 1897










