Plusieurs hygiénistes, à différentes reprises, ont appelé l‘attention sur les dangers que faisaient courir à la santé publique les arrosages à l’engrais humain des produits maraichers, dont quelques-uns sont mangés à l‘état cru ; et l’on a même démontré expérimentalement la résistance de certains microbes déposés à la surface des légumes et l‘extrême difficulté que l‘on éprouve à les en débarrasser par des lavages répétés.
Or, il y a quelques mois, une recrudescence de fièvre typhoïde s‘est produite à Toulouse, dont la banlieue est occupée par des jardins maraichers où l’on pratique précisément l’arrosage à l’engrais humain. C‘était une bonne occasion de chercher si la cause de la fièvre typhoïde n‘était pas dans ces arrosages, et le docteur Guiraud a entrepris dans cette intention une série d’expériences dont il vient de faire connaitre les résultats.
En réalité, le bacille de la fièvre typhoïde n‘a pas été isolé des nombreux microbes recueillis sur les produits des jardins suspects. Mais sur le plus grand nombre de ces produits pris au hasard : salades diverses, fraises, etc., M. Guiraud a constaté la présence de microbes, hôtes habituels des intestins malades, et capables à eux seuls, sinon de déterminer, au moins de favoriser et d’aggraver la fièvre typhoïde, et de causer aussi d’autres maladies sérieuses.
Ces constatations sont fort importantes ; et il semble maintenant bien démontré que la pratique de l‘arrosage en question est loin d’être inoffensive et qu‘il y aurait lieu de l‘interdire absolument.
L’Illustration — 4 septembre 1897










