Il y a, parait-il, aujourd’hui parmi les suicidés autant d’hommes que de femmes. Mais ces dernières ont fait en quelques années de vrais progrès ; car, il y a trois ans encore, les femmes ne comptaient que pour un tiers à peine dans le chiffre des suicides.
Et puisque nous voici sur cette pente glissante des statistiques, continuons celle-ci, funèbre mais intéressante.
1° Les motifs, d’après les documents dressés pour l’année 1894 par le ministère de la Justice :
Misère ou crainte de la misère, 945 ; pertes d’emploi, pertes au jeu, revers de fortune, 673 ; chagrins domestiques, 1,021 ; amour contrarié, 461 ; jalousie, débauche, inconduite, 187 ; accès d’ivresse, ivrognerie habituelle, 1,226 ; dégoût du service militaire, 42 ; désir de se soustraire aux poursuites de la justice, 262 ; souffrances physiques, 1,819 ; contrainte, 1,533 ; maladies cérébrales, 1,468 ; motifs inconnus, 1,066.
2° Les modes de suicide :
À Paris, en 1895, la statistique municipale a compté 967 suicides. Sur ce nombre, 43 étaient dus au poison, 244 à l’asphyxie, 271 à la strangulation, 167 à la submersion, 175 aux armes à feu, 10 aux armes tranchantes, 49 à la précipitation d’un lieu élevé, 6 à l’écrasement, 2 à des moyens restes inconnus.
Que de sauces, hélas ! pour « cet aliment pénible à mâcher », comme disait Montaigne, qui s’appelle la mort !
Le Gaulois — 15 juillet 1897










