L’ordonnance relative à la circulation dans les rues de Paris des voitures, des tramways, des automobiles et des bicyclettes vient d’être publiée par les soins de la Préfecture de police.
Toutes les ordonnances relatives à la circulation des voitures dans les rues constituant un si inextricable fouillis qu’il était fort difficile aux agents de l’autorité de s’y reconnaître pour l’application des contraventions, M. Lépine avait, il y a deux ans, désigné, pour la préparation d’une ordonnance plus compréhensible, une commission comprenant un certain nombre de conseillers municipaux, de fonctionnaires, de professionnels et d’amateurs.
Cette commission avait pour mission de revoir toutes les ordonnances, d’en élaguer ce qui était suranné et de refondre en une ordonnance nouvelle les principes destinés à assurer la bonne et rapide circulation des véhicules dans les rues de Paris, circulation qui, avec l’augmentation toujours croissante des tramways, des omnibus, des voitures, des automobiles, des camions et des charrettes, menaçait de devenir prochainement à peu près impossible.
Au sujet des voitures à traction animale, les innovations de l’ordonnance préfectorale sont peu nombreuses. Comme par le passé, il est recommandé aux cochers de fiacre d’avoir des chevaux bien attelés, pas blessés, des voitures propres, sans odeur désagréable, une tenue décente, etc.
Pour les automobiles, les prescriptions de l’ordonnance sont déjà connues. Bornons nous à rappeler que ces véhicules, avant d’être admis à circuler, doivent présenter toutes les garanties désirables de sécurité et que, de même, les personnes qui les dirigent dans les rues de Paris doivent prouver qu’elles ont les aptitudes nécessaires.
En ce qui concerne la vitesse des automobiles et des trains-tramways dans les rues de Paris, l’ordonnance la fixe à vingt kilomètres au maximum. Cette vitesse sera réduite à huit kilomètres dans les traverses, aux croisements et sur les pentes.
Quant aux bicyclistes, ils doivent, comme par le passé, avoir un avertisseur et, le soir, une lanterne allumée. Ils ne peuvent former de groupes dans les rues. Il leur est interdit de couper les cortèges, les convois, les troupes et les files de jeunes écoliers qui traversent la chaussée. En cas d’embarras, ils sont tenus de mettre pied à terre. Ils sont également tenus de s’arrêter lorsqu’à leur approche des chevaux manifestent des signes de frayeur. Enfin, il leur est interdit de lutter de vitesse dans les rues.
Le Figaro, 29 août 1897










