Un individu, porteur d’un sac qui semblait renfermer des outils, se présentait hier chez Mme de V…, rue Madame.
— C’est pour les cheminées, dit-il; c’est M. G., le gérant qui m’envoie.
Comme le sire marquait assez mal, la femme de chambre fit quelques difficultés pour le laisser entrer. Cependant, sur l’ordre de sa maîtresse, elle l’introduisit dans l’appartement, bien décidée à ne pas le perdre de vue un seul instant.
Tandis qu’il examinait la cheminée du salon, la servante, tout en le suivant des yeux, se mettait à épousseter les meubles.
À ce moment la sonnette de la porte d’entrée retentit ; la femme de chambre fut bien forcée d’aller ouvrir.
C’était un deuxième personnage, qui venait, dit-il, pour parler au fumiste. Après un rapide colloque entre les deux individus :
— C’est ennuyeux, dit le premier arrivant, le gérant me fait appeler.
Et, ramassant ses outils, il partit avec son compagnon. On s’aperçut quelques instants après de la disparition d’une cassette dans laquelle se trouvait pour cinq ou six cents francs de bijoux.
Les courts instants pendant lesquels le pseudo fumiste était resté seul lui avaient suffi pour dérober l’objet.
Plainte a été déposée auprès du commissaire de police.
Le Journal — 15 novembre 1897










