
Bien lentement, oh ! bien lentement, un peu de confort s’insinue dans nos trains ; après les sleeping-cars et les wagons-restaurants, voici les wagons-bars, auxquels une expérience heureuse de quelques mois sur plusieurs lignes de banlieue de l’Ouest semble promettre une extension rapide.
Les consommateurs ne manquent pas : les petits employés qui habitent Asnières, Colombes, Courbevoie, ou Nanterre envahissent la partie du wagon réservé au secondes, tandis que les premières sont occupées par les financiers ou les gros commerçants qui regagnent leurs villas de Saint-Germain ou de Saint-Cloud. Et même, parfois, toute une famille s’installe et prend un apéritif général.
Le matin, le café ou le chocolat au lait fait fureur ; pensez donc ! dix minutes de plus à rester au lit ; ce n’est pas à dédaigner en hiver.

Certes, ce n’est là qu’un premier pas et nous sommes encore loin de l’hôtel-car, qui sera réalisé un jour et qui existe déjà, ou peu s’en faut, sur certaines lignes des Etats-Unis. Salons, salle à manger, chambres avec lits et non avec étroites couchettes, voilà ce que nous réserve heureusement le vingtième siècle et peut-être 1900.
L’Illustration — 19 janvier 1897










