Assurément il ne semblait pas, au premier abord, que l‘encre fut un bouillon de culture bien favorable aux microbes. On sait cependant qu’il n’est pas toujours sans danger de se piquer avec sa plume, et les accidents qui peuvent compliquer ces légères blessures ne sont pas dus à l‘action toxique des produits chimiques qui entrent dans la composition de l‘encre.
En réalité, l’encre contient beaucoup de microbes, surtout lorsqu‘elle a vieilli et vieilli au contact de l‘air. Un bactériologiste de Leipzig, M. Marpmann, a soumis à son examen 67 échantillons d’encres employées dans les écoles et le plus grand nombre de ces échantillons contenaient nombre de bactéries et de microcoques, qui tous étaient loin d‘être inoffensifs.
Dans quelques cas, en effet, un bacille se trouvait parmi eux, qui, inoculé à des souris, déterminait chez ces animaux une maladie rapidement mortelle.
Conclusions pratiques : ne pas laisser les encriers ouverts et exposés aux poussières, dont les microbes peuvent trouver dans le noir liquide un milieu de culture suffisant : ne pas se piquer avec sa plume et encore moins humecter sa plume avec la langue avant de s’en servir, comme les écoliers ont parfois la mauvaise habitude de le faire.
L’Illustration — 10 juillet 1897










