C’était à prévoir : on commence déjà à se blaser sur les scènes connues du cinématographe, les charges de cavaleries se démodent. Il faut de l’extraordinaire, n’en fût-il plus au monde, or il y en a, et la série de l’horrible et de l’excentrique n’est pas close.
On annonce d’abord que le cinématographe vient de faire son apparition dans les exécutions de criminels aux États-Unis.
L’autre matin, on pendait à Liberty un nommé Tarn, qui avait assassiné sa fille. Presque tous les habitants de la ville assistaient à l’exécution et l’on avait installé un appareil cinématographique pour prendre des photographies animées de cette lugubre cérémonie
Mieux encore !
Il parait, que des entrepreneurs hardis font naître sciemment et à point nommé des scènes de désordre, afin de pouvoir les cinématographier C’est ainsi que, lors de l’exécution récente d’un homme à New-York, dès que le bourreau eût terminé son œuvre, un groupe d’individus sans aveu attaqua subitement et sans aucun motif apparent les agents du shérif. Une lutte terrible à coups de poings s’ensuivit et la foule, sans savoir de quoi il s’agissait, ayant pris parti pour les uns ou pour les autres, les scènes de désordre se propagèrent rapidement sur une grande partie de la place.
On a su depuis que l’attaque contre les gardes du shérif avait été arrangée d’avance par un fabricant de vues cinématographiques et que les individus en question avaient été loués et grassement payés par lui.
Le Gaulois — 22 décembre 1897










