L’expérience de l’augmentation de l’impôt sur les cartes à jouer, tentée par l’administration des finances, ne parait pas devoir donner les résultats qu’en attendaient ses promoteurs.
Malgré l’énorme élévation de la taxe, l’impôt n’a donné pour l’année 1896 que 2,600,000 francs, au lieu de la somme de 8 millions et demi qu’on avait prévue à l’origine.
Pour expliquer le déficit, on a prétendu que la consommation avait employé les stocks d’ancienne fabrication, dont on s’était approvisionné d’avance en quantité.
Cette explication n’était pas fondée, ainsi que le prouvent les résultats du premier trimestre de 1897. Les anciens stocks sont écoulés, et néanmoins le rendement de l’impôt continue à rester au-dessous des prévisions.
Nous avons pu nous procurer les chiffres de ce premier trimestre et nous avons constaté que l’impôt n’a donné que 650,000 francs au lieu de 900,000, chiffre des prévisions budgétaires. Il y a un déficit de 150,000 francs qui se répartit sur les trois mois, mais dont la plus forte part soit 80,000 francs incombe au mois de mars.
La vérité est que la consommation a notablement diminué à cause de l’élévation des prix. Les cercles ont renoncé pour la plupart à n’user qu’une fois d’un même jeu de cartes, et les particuliers font, eux aussi, servir les jeux plus souvent. De sorte que, malgré l’augmentation de la taxe, les recettes du Trésor ne se sont pas accrues.
Le Matin — 13 avril 1897










