Sur les boulevards
Paris a pris aujourd’hui sa physionomie de fin d’année.
Déjà, hier, les baraques, planche par planche, s’édifiaient sur les boulevards et dans les différentes voies où elles se dressent tous les ans.
Dès midi, les devantures se sont levées et les étalages sont apparus aux passants Les plus nombreuses industries qui se pratiquent dans les baraques de fin d’année sont les cartes de visite, la maroquinerie et les jouets.
Un temps admirable a présidé, cet après-midi, à l’inauguration aussi les passants étaient-ils nombreux. D’ailleurs, à cette époque, la population parisienne s’accroît des innombrables provinciaux qui viennent « passer les fêtes dans la capitale. »
Enfin, parmi les petits commerces annuels, il ne faut pas oublier les camelots, qui font le plus de bruit et tiennent le moins de place. Les jouets, questions du jour et devinettes ne se sont guère manifestés encore, mais cela viendra et la Noël n’arrivera pas sans que l’ingéniosité faubourienne nous ait donné quelque petite merveille primesautière et satirique.
Place de la République
Sur la place de la République, la fête foraine battait également son plein cet après-midi, et la foule y était nombreuse, autour des bonisseurs infatigables et des infatigables chevaux de bois. Une musique endiablée, un charivari de plusieurs orgues jouant sans accord, de bruits de grosse caisse et de la gaieté partout.
C’est la foire.
À Ménilmontant. Aux Halles.
C’est la foire aussi boulevard de Ménilmontant, une des foires faubouriennes des plus réputées, où l’on va un peu comme à Neuilly ou place du Trône.
Enfin, aux alentours des Halles, comme tous les ans, des marchands se sont installés mais c’est toujours la même marchandise qu’à la foire et sur les boulevards, le bruit en moins.
La Presse — 20 décembre 1897










