Cette invention qui, il y a vingt ans à peine, apparaissait comme un joujou d’enfant, appelé tout au plus à rendre quelques services pour les communications à faible distance dans les galeries, dans les mines, dans les établissements industriels, a pris aujourd’hui un tel développement qu’elle suffirait à la gloire de plus d’un homme. Aussi n’est-il pas étonnant que de divers côtés on cherche à s’en attribuer le mérite.
La plus récente de ces revendications nous vient du côté des Alpes. Un habitant d’Aoste, Innocenzo Manzetti, mort en 1877, serait le véritable inventeur du téléphone ses travaux seraient antérieurs à ceux d’Elisah Gray et de Graham Bell, et ce dernier n’aurait fait que se servir des résultats déjà obtenus par l’humble savant d’Aoste.
De telle sorte que, si c’est du Nord que nous vient la lumière, ce serait du Midi que nous viendrait le son ! Nous verrons bien, puisque l’on annonce la publication d’un mémoire destiné à établir scientifiquement les titres de ce chercheur méconnu.
Il est douteux qu’on y parvienne réalisée d’abord par le docteur Reuss, améliorée par Elisah Gray, la communication téléphonique a pris un essor merveilleux par l’œuvre de Graham Bell, qui a eu l’idée originale d’utiliser le « courant induit ». Personne n’avait encore contesté à l’inventeur américain l’initiative de cette conception qui a rendu le téléphone si utile et si pratique à l’usage.
Le Gaulois — 3 février 1897










