Mme V… couturière, boulevard de Clichy se présentait, hier, après midi, chez M. Garnot, commissaire de police. Elle venait se plaindre de ce que Mlle Suzanne H… appartenant à un théâtre de genre, lui avait volé un jupon chez elle. Ce jupon, cependant, appartenait à Mlle H… qui l’avait donné à réparer à Mme V… Mais celle-ci n’ayant pas voulu rendre ledit jupon sans être payée de son travail, la petite actrice, sans plus de façon, s’en était emparée et l’avait emporté.
M. Garnot dépêcha un de ses inspecteurs nommé Masseaux, chez Mlle H…
Elle était sortie et sur sa porte elle avait apposé un écriteau ainsi conçu : « Atendé un hinstan, je vas revenir de, cuite. »
L’inspecteur attendit. Mlle H… ne tarda pas à revenir et M.- Masseaux la conduisit auprès de M. Garnot.
Le magistrat arrangea si bien les choses que couturière et cliente sortirent de son commissariat réconciliées et meilleures amies que jamais.
Pauvre Suzanne ! Quand elle arriva chez elle, elle constata que son écriteau avait été remplacé par celui-ci : « N’attendez pas, nous ne reviendrons plus. »
Pendant son absence, des malfaiteurs s’étaient introduits chez elle, l’avaient complètement dévalisée, et étaient partis en ajoutant une facétie d’un goût douteux au mauvais tour qu’ils venaient de lui jouer.
Le Figaro — 1er avril 1897










