Ce n’est qu’hier, ainsi que nous l’avions annoncé, que le comité des fêtes du Carnaval a procédé au choix définitif des chars.
M. Zidler, qu’une légère indisposition empêchait de se rendre au Palais de l’Industrie, avait convoqué chez lui MM. Menessier et Duranti, les peintres décorateurs bien connus.
Après un dernier examen des projets retenus avec l’approbation de M. Bouvard, onze chars ont été commandés.
En voici la description sommaire :
Le Prince Carnaval, représenté par un immense mannequin de quatre mètres de haut, sera monté sur un tricycle automobile, suivi d’un Pierrot tenant la trompette de la Renommée.
Le char de la Charcuterie nous montrera d’énormes cartonnages représentant des porcs tournant à la broche des cuisiniers.
La science sera représentée par les Rayons X ; dans une immense baleine on verra, à l’aide da projections simulées, un couple de dîneurs attablés.
La Musique aura deux chars : sur l’un, il y aura des musiciens comiques, laissant voir seulement leurs têtes et leurs bras tenant les instruments ; sur l’autre, un immense clown soutiendra une harpe éolienne, dans laquelle une vingtaine de musiciens seront placés.
Toute cette partie a été confiée à M. Duranti.
M. Menessier, dont le char des fleurs animées obtint tant de succès l’an dernier, réserve, cette fois encore, des surprises aux Parisiens.
C’est à M. Menessier qu’a été confiée l’exécution du char des Chrysanthèmes : de jeunes et jolies femmes, habillées en Japonaises, s’abriteront sous des ombrelles formant d’immenses chrysanthèmes.

C’est lui, également, qui composera le char du Bœuf Gras, qu’on verra entouré de licteurs et de sacrificateurs, et le char des Chats, inspiré par le succès considérable de l’Exposition organisée par le Journal au Jardin d’Acclimatation. Dans des cages aux barreaux d’or, légèrement abritées par de petits rideaux, on verra de jeunes et jolies filles costumées en chats blancs, noirs, gris fauve, etc.
Une figure allégorique avec des harpes et des guitares représentera l’Harmonie ; enfin, un char antique et le char de la Peinture, avec godets, chevalets et une immense palette, dont les couleurs seront représentées par de jolies filles aux costumes multicolores.
Ajoutons que tous les costumes sont dessinés par Choubrac.
Quelques chars restent encore à commander ; le comité ne prendra de décision que dans deux ou trois jours.
De nombreux chars particuliers viendront se joindre, d’ailleurs, au cortège, notamment ceux des différentes branches de l’alimentation parisienne.
Quant à l’itinéraire, il ne sera définitivement fixé que dans quelques jours, après entente du comité avec le préfet et M. Boreux, ingénieur en chef de la voie.
On voit que le programme de cette année comporte des éléments nombreux de gaieté et de succès, et qu’à côté de la plus aimable fantaisie on rencontre l’Actualité sous son plus séduisant aspect.
Le Journal — 2 février 1897










